KWERUNGA : Là où les Bahundes rencontrent l’éternité.

Dans un monde où les religions dominantes imposent la vision d’un ciel et d’un enfer comme ultimes destinations de l’âme, les Bahunde nous rappellent qu’il existe des croyances bien plus enracinées et spirituelles celles qui parlent d’un lieu appelé KWERUNGA, là où les vivants viennent et où les morts retournent…

 

Un paradigme ancestral : Ni ciel, ni enfer.

La cosmologie de #Bahunde ne distingue pas le paradis des flammes éternelles. Pour eux, la vie est une mission confiée par les ancêtres. À la naissance comme à la mort, des rituels puissants marquent l’entrée et la sortie de cette traversée terrestre.

À l’arrivée d’un enfant, un rituel ancestral accueille son âme, suivie un an plus tard d’une cérémonie marquante : la coupe des cheveux, symbole de reconnaissance par les ancêtres. Les mots sacrés prononcés en kihunde « Ya lebeka Kwerunga nyakana hika yo » signifient : « Celui qui envoie ses salutations Kwerunga finira d’y arriver. » Un poème vivant adressé à l’origine.

La mort comme retour, non comme fin. Pour un Muhunde, la mort est un voyage de retour vers KWERUNGA le royaume spirituel des ancêtres. Des phrases magiques rythment les cérémonies funéraires :

– « Ame ya Kwerunga oyo, ame shingana nabo tata kulu » : « Il est parti Kwerunga rencontrer les ancêtres. »

– « Kwerunga hale kuta hika mulenge nge twame barangira Nyamurairi amu fulukye » : « Kwerunga c’est très loin, la voix n’y arrive pas. Seul Nyamurairi peut faire revenir l’âme. »

Nyamurairi, être suprême des Bahundes, y règne. Bien au-delà d’un dieu religieux, il incarne une puissance cosmique difficile à définir mais omniprésente dans les rites.

La deuxième mort : punition spirituelle

Tout n’est pas paisible Kwerunga. Le proverbe « U phe kabiri Kwerunga » « Que tu meures une deuxième fois à Kwerunga » vise ceux qui ont failli à leur mission terrestre. Leur âme, à défaut d’avoir honoré les ancêtres, pourrait subir une seconde mort, une punition spirituelle dans l’au-delà.

Une philosophie de l’identité.

Le Bahunde conscient et fier ne craint ni enfer ni jugement divin. Il sait que la vie est une étape entre deux mondes : celui d’où l’on vient, et celui que l’on retrouve. Il sait que les morts ne sont jamais morts…

BANDUBATAHWA BAZUNGU BANDU

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