La montée alarmante de la prostitution dans les camps de déplacés à Goma : entre désespoir et survie

À Goma, ville sitiuée à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les camps de déplacés regorgent de drames humains. Parmi les nombreuses problématiques qui y prolifèrent, la prostitution, souvent pratiquée par des jeunes filles, est en nette augmentation. Ce phénomène, alimenté par la pauvreté extrême et le manque de perspectives, reflète les conditions de vie précaires dans ces camps.

Une économie de survie à bas prix

Dans ces camps, où la population survit avec peu ou pas de ressources, certaines jeunes filles se tournent vers la prostitution comme ultime recours pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. Ce qui choque davantage, c’est le prix dérisoire auquel ces services sont proposés, parfois aussi bas que 2000 francs congolais (moins d’un dollar américain).

Des témoignages recueillis révèlent une réalité glaçante. Fatuma, âgée de 17 ans, confie :

« Quand je vois mes frères pleurer de faim et que je n’ai rien à leur donner, je n’ai pas d’autre choix. Même pour quelques francs, c’est toujours mieux que rien. »

Des déplacements vers la ville

Le phénomène ne se limite plus aux camps. Certaines jeunes filles, déçues par l’absence de débouchés dans ces espaces, migrent en ville à la recherche d’une clientèle plus lucrative. Malheureusement, elles y font face à d’autres défis, tels que les risques accrus de violence sexuelle, d’exploitation et de stigmatisation sociale.

Les zones urbaines de Goma, comme Majengo Katindo, Nyabushongo , voient désormais affluer ces jeunes, parfois mineures, qui s’ajoutent à une population déjà en proie aux difficultés économiques.

La montée de la prostitution a des répercussions graves

Face à cette situation, des ONG locales et internationales tentent d’agir, mais leurs ressources restent limitées. Jean-Pierre Kasereka, membre d’une organisation humanitaire, affirme :

« Nous devons aller au-delà des aides ponctuelles. Ces jeunes ont besoin d’éducation, de formation professionnelle et de perspectives économiques pour briser ce cycle infernal. »

De leur côté, les autorités locales, souvent dépassées, peinent à apporter des solutions durables dans un contexte marqué par l’instabilité politique et l’insécurité.

La prostitution dans les camps de déplacés à Goma est une tragédie humanitaire qui interpelle la conscience collective. Ce phénomène est le reflet des injustices structurelles et des lacunes dans l’accompagnement des déplacés internes. Si des actions concertées ne sont pas entreprises rapidement, cette crise risque de s’enraciner davantage, plongeant toute une génération dans une spirale de désespoir.

Les jeunes filles de ces camps ne demandent qu’une chose : une chance de vivre dans la dignité. Le défi est grand, mais la réponse doit être à la hauteur de l’urgence.

Basubi wa basubi

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