Bukavu : Ghislain KABUYAYA, l’une des voix du secteur littéraire congolais, attendu pour des ateliers d’écriture

L’écrivain-éditeur congolais Ghislain Kabuyaya, connu sous le nom de plume Cœur Tam Tam, sera à Bukavu du 23 au 25 septembre 2026 pour animer trois journées d’ateliers consacrées aux fondamentaux de l’écriture. Une rencontre pensée comme un espace de transmission, de création et de mise en pratique autour d’une question essentielle : comment passer d’une idée brute à un texte véritablement abouti ?

Écrire ne consiste pas simplement à aligner des mots. Avant la phrase, il y a une pensée. Avant le texte, il y a une intuition. Et entre les deux, il existe tout un travail de création, de structuration et de recherche du mot juste.

C’est précisément autour de cette démarche que Ghislain Kabuyaya, connu sous le nom de Cœur Tam Tam, posera ses valises à Bukavu pour trois journées d’ateliers d’écriture organisées au Centre Bwami, les 23, 24 et 25 septembre 2026 à partir de 14 h 30.

De l’idée au texte : penser, créer, écrire

Placés sous le thème « Penser, créer, écrire : les fondamentaux de l’écriture », ces ateliers entendent dépasser les simples exercices de style pour s’intéresser à ce qui précède véritablement l’écriture : la naissance et la construction de l’idée.

Pour Ghislain Kabuyaya, l’écriture est un processus qui demande de savoir « malaxer » son intuition afin d’en extraire des mots plus précis, plus porteurs de sens et capables de toucher le lecteur.

Il s’agira donc d’apprendre à ne pas écrire trop vite. Penser d’abord, créer ensuite, écrire enfin. Une démarche qui invite les participants à travailler leur regard, leur imagination, leur vocabulaire, leur construction narrative et leur capacité à donner une forme cohérente à ce qu’ils portent intérieurement.

Un atelier porté par un homme du livre


Mais qui est donc Cœur Tam Tam, cet homme du livre que Bukavu s’apprête à accueillir?

Derrière ce nom de plume se trouve Ghislain Kabuyaya, un homme dont le parcours s’est construit au fil des années à la croisée de la création artistique, de l’écriture, de l’édition, du conseil culturel et du travail humanitaire.

Ghislain Kabuyaya est à la fois écrivain, éditeur, consultant culturel et acteur du développement du secteur du livre en République démocratique du Congo. Il est notamment cofondateur des Éditions Mlimani et fondateur des Éditions Fleuve de l’Intrigue, une maison qui affirme une volonté de faire émerger des voix et des imaginaires africains. Il est également humanitaire et a longtemps travaillé pour des organisations non gouvernementales (ONG).

Son parcours est également marqué par plusieurs distinctions littéraires obtenues au fil des années. Avant de faire son entrée officielle dans l’édition de ses propres ouvrages, Cœur Tam Tam a longtemps évolué dans les univers du slam, de la poésie, du théâtre et de la création culturelle.

En juin 2026, il a franchi une nouvelle étape importante avec la présentation à Goma de quatre ouvrages : Magicien d’amour, Fosses communes, Dans la tourmente de l’espérance et La Phobie des valeurs. Une publication qui a marqué son entrée affirmée comme auteur-écrivain après plus d’une décennie de maturation dans l’écriture.

Mais au-delà de ses propres œuvres, Cœur Tam Tam s’inscrit depuis plusieurs années dans une logique de transmission et de structuration du milieu littéraire congolais. Il a notamment participé à des initiatives visant à renforcer la chaîne du livre et à rapprocher auteurs, éditeurs, libraires et autres acteurs culturels.

Donner aux jeunes les outils pour écrire

À Bukavu, l’ambition de ces ateliers sera également pédagogique.

La formation s’adresse aux auteurs en devenir, écrivains, poètes, slameurs, artistes, étudiants, enseignants, journalistes, communicants, mais aussi à toute personne désireuse d’améliorer sa manière d’écrire. Les participants seront appelés à travailler directement sur leur propre production et à repartir avec des méthodes concrètes pour poursuivre leur progression.

L’enjeu dépasse ainsi la simple maîtrise de la langue. Il est question de développer une pensée structurée et une voix personnelle.

Car dans une ville comme Bukavu, où évoluent de nombreux jeunes créateurs, journalistes, slameurs, écrivains et porteurs d’idées, apprendre à mieux écrire revient aussi à apprendre à mieux raconter son environnement, sa société et son époque.

Une invitation à faire parler les idées

Ces trois journées pourraient ainsi être envisagées comme un laboratoire : un espace où une idée encore informe peut progressivement prendre corps, trouver son rythme, sa structure et finalement devenir un texte.

Au-delà des techniques et des exercices, ces trois journées seront surtout une occasion de rencontre, de partage d’expérience et de transmission. Pour les participants, il s’agira de confronter leurs idées au regard d’un professionnel du livre, d’échanger avec d’autres passionnés et, peut-être, de trouver le déclic nécessaire pour aller plus loin dans leur propre pratique.

Basubi wa Basubi

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